DIMANCHE DE PENTECÔTE 2020

Ac 2, 1-11 ; 1Co 12, 3b-7.12-13 ; Ps 103 et Jean 20, 19-23.


«Tous furent remplis de l’Esprit Saint» (Ac 2, 4). «Tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu.» (Ac 2, 11b)
Ce dimanche célèbre la fin du temps pascal et ouvre celui de la mission des disciples, le temps de l’Eglise. Une occasion où chacun, entendant la Bonne
Nouvelle dans sa propre langue, devient à son tour capable de l’annoncer. Que s’est-il passé le jour de la Pentecôte ? «Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.»

Relevons 3 choses : l’irruption de l’Esprit, les langues de feu et le don de l’Esprit.

1. L’Esprit est descendu de façon directe et quasi palpable. Il se manifeste avec fracas. Impossible de passer à côté de ce don qui, comme on le verra par la suite, transformera ceux qui le reçoivent.

2. L’image des langues de feu exprime l’action de l’Esprit. Image très suggestive : de petites flammes se déposent sur chacune des personnes présentes, signe que le don de l’Esprit est personnel et s’inscrit dans le cheminement et la vie de celui qui le reçoit.

3. L'Esprit n'est pas quelque chose que l’homme produit par lui-même. C’est le don de Jésus que le Père envoie ; il ne s’impose pas mais demande d’être accueilli par qui se dispose à le recevoir. De plus, Luc le présente par un de ses effets, un phénomène particulier décrit ici comme celui de parler des langues nouvelles, permettant ainsi aux disciples de rejoindre toutes les nations. Cela souligne déjà la dimension universelle et missionnaire de son action. 

Cette scène éclaire déjà ce que sera la mission des disciples par la suite, grâce à l’action de l’Esprit Saint

Mission assez claire. Comme le rapporte l'évangile, Jésus envoie ses disciples : «De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.» Puis, «Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous
maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus». En soufflant sur eux, Jésus savait
que l’Esprit viendrait sur eux et que, grâce à son action, la Bonne Nouvelle du don de Dieu pour toute l’humanité se répandrait. 

C’est toute une mission pour nos «pauvres» pêcheurs de Galilée. On sait par la suite de l’histoire comment ils ont parcouru diverses régions du monde de leurtemps et, avec l’assistance de l’Esprit, comment ils ont répandu avec succès le message de Jésus.

D’ailleurs, dans la suite de son discours le jour de la Pentecôte (cf. Ac 2, 14-46), 
Pierre donne des directives. Il affirme sa foi en Jésus fait Seigneur et Christ par Dieu. Puis, aux auditeurs qui lui demandent quoi faire, il répond simplement : «Convertissez-vous et soyez baptisés au nom de Jésus Christ pour le pardon de
vos péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit» (Ac 2, 37-38).
 
Paroles encore d’actualité aujourd’hui si nous prenons la peine de nous demander nous aussi ce que nous devons faire ! 

«Convertissez-vous». Une conversion renouvelée qui nous fera quitter des voies et des routes où règne le dieu du pouvoir, de l’indifférence et de l’orgueil. Notre chemin sera plutôt celui où Jésus est reçu comme le Seigneur de nos vies. Vous
 ne pouvez suivre Dieu et l’argent, vous n’avez qu’un seul maître disait Jésus à ses disciples (cf. Mt 6, 24).

Recevoir l’Esprit Saint, c’est suivre Jésus et mettre nos pas dans les siens. Si nous voulons être ses disciples, regarder ses exemples et écouter ses enseignements seront notre nourriture.

 
La Pentecôte a ouvert le temps de la Bonne Nouvelle, de l'Évangile de la grâce de
Dieu (cf. Actes 20, 24) proclamé par Jésus, un temps qui dure encore. Cette Bonne Nouvelle, grâce à l’Église et par l’action de l’Esprit, se répand dans le monde. Elle a franchi toutes sortes barrières et de frontières.  
Voilà la richesse du salut apporté par Jésus à l’humanité. Il est ressuscité comme le Premier-né de
cette humanité nouvelle et il nous entraîne avec lui. Pour nous 
faire entrer dans ce mouvement, il nous envoie l'Esprit qui devient la force dont nous avons besoin. Et cela se manifeste par les multiples dons que l’Esprit ne cesse de répandre chez les personnes croyantes comme le dit Paul : «Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur» (1Co, 12, 4-5). 

Ce dimanche de la Pentecôte est pour nous l’occasion de redécouvrir que l’Esprit 
est toujours à l’œuvre dans l’Église. Il repose sur chacun de ses enfants comme 
pour les disciples au Cénacle. Il demeure sa source d'inspiration et l’enrichit de tous les dons nécessaires pour avancer dans le monde.

Abbé Honoré.


 

7ème dimanche de Pâques

Evangile de Jean 17, 1b-11a 7ème dimanche de Pâques



Dans les mots de Saint Jean, voici une dernière prière de Jésus à son Père du ciel.....il prie pour nous, pour que nous ayons la vie éternelle, cette vie définitive qui nous est promise par Dieu lui-même et qui est de le connaître, de le reconnaître comme celui dont nous venons et qui nous attend au dernier jour, mais pas seulement : il nous attend dès aujourd’hui alors que nous sommes encore dans le monde, le monde que Dieu nous as confié pour lui dire qui il est pour lui, comme nous-même nous le sommes.
Jésus nous redit pourquoi il est venu dans ce monde comme c’était prévu, pour donner la vie éternelle à tous ceux que tu as choisis. Ils sont encore dans le monde à te chercher mais lui retourne vers toi car il quitte le monde pour te rejoindre et rester avec toi pour toujours. Désormais, il ne sera plus en ce monde, mais il y laisse ses témoins qui prolongeront son message et feront eux aussi des disciples, des adeptes qui pourront témoigner de Jésus, de ses paroles et de ses actes. A leur tour, ils seront ses messagers car ils sont porteurs de sa bonne nouvelle pour eux et pour toutes celles et ceux qui les entendront, qui les écouteront, qui les prendront pour eux et pour tous ceux qui, à leur tour, les entendront eux aussi. C’est l’étape de notre baptême aujourd’hui que nous continuons de vivre auprès des autres, avec les autres que nous rencontrons, avec qui nous célébrons, quand c’est possible.
Ainsi se prolonge l’annonce de sa parole depuis son retour auprès du Père : il nous laisse le soin de la propager à notre tour et nous la prenons en charge. A nous donc de tâcher de mieux la comprendre pour mieux l’exprimer, pour mieux la répandre autour de nous, de façon que ce message continue de se répandre et de faire du bien autour de nous comme nous l’avons reçu et appris à l’aimer. Saint Jean, lui, l’a bien compris et l’a exprimé avec ses mots à lui qu’il nous laisse aujourd’hui à comprendre et à réaliser comme il l’a fait avant nous et pour nous.
Puissent ces mots nous parler au cœur et nous révéler ce qu’ils veulent nous dire en ces jours où ils nous rejoignent, où nous les écoutons et les entendons pour nous. Puissent ces mots devenir les nôtres afin que nos mots deviennent ses mots qu’il utilisera à notre service.

Père Jean-Claude Daivier

6ème dimanche de Pâques

Evangile : Jean 14, 15-21



A cause du coronavirus nous vivons des moments difficiles. Nous avons perdu des êtres chers, nous n’avons plus guère de contact avec nos parents, nos enfants, nos petits-enfants, nos amis. Nous ne pouvons plus nous réunir pour prier et communier ensemble au Corps du Christ. Et demain la vie ne sera pas facile pour tous ceux qui vont perdre leur travail. Dieu semble nous avoir abandonné.

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus dit à ses disciples, à la veille de sa passion, lors du dernier repas qu’il prit avec eux : « Je ne vous laisserai pas orphelin, je reviens à vous. » Le Christ ne nous abandonne jamais quelle que soit l’épreuve que nous connaissons. Il nous a donné quelqu’un pour que nous puissions lutter contre le découragement et découvrir qu’il est toujours avec nous. C’est l’Esprit Saint, le défenseur. Il demeure auprès de nous. Il ne faut pas le chercher très loin, il est en nous. Nous l’avons reçu lors de notre baptême et de notre confirmation. Comment agit-il en nous ? Il nous aide à grandir dans la foi càd à vivre dans la confiance en Celui qui a donné sa vie pour nous. Et ainsi, par la foi, nous pouvons découvrir que celui dont nous ne percevons pas la présence est toujours avec nous « D’ici peu, dit Jésus à ses disciples, le monde ne me verra plus mais vous, vous me verrez vivant et vous vivrez vous aussi. »

Si nous sommes unis au Christ nous vivrons vraiment car il nous propose un chemin de vie, un chemin qui nous conduit vers la source de la vie : le Père. Rappelez-vous ce qu’il nous a dit dimanche dernier : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » Comment pourrions-nous ne pas aimer celui qui nous fait un tel cadeau : la vie en plénitude. Mais attention. Aimer le Christ ce n’est pas avoir de beaux sentiments à son égard, rêver d’extases mystiques, d’expériences extraordinaires. « Si vous m’aimez, dit Jésus, vous resterez fidèles à mes commandements. » Quels sont ses commandements ? Ils se résument en un seul : nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés tous, sans exception. La foi et l’amour : voilà l’essentiel, le cœur de notre foi, la source d’une vie nouvelle plus forte que la mort.

Demandons à l’Esprit de nous aider à grandir dans la foi et l’amour. Ce sont les deux voies que l’Esprit Saint nous propose pour vivre, pour sortir de l’épreuve que nous connaissons. Si nous avons confiance dans le Seigneur et si nous cherchons à aimer, nous trouverons le chemin pour construire, avec l’Esprit Saint, une Eglise davantage fidèle à l’Evangile, une Eglise plus fraternelle et plus soucieuse de tous ceux qui vivent des situations difficiles. Ne nous laissons pas envahir et détruire par la sinistrose et le découragement. Ouvrons-nous à l’Esprit qui fait toute chose nouvelle.

Père Michel Lambotte


5ème dimanche de Pâques

1ère lecture : livre des Actes des Apôtres 6, 1-7
2ème lecture : Première lettre de Saint-Pierre Apôtre 2, 4-9
Evangile: Jean 14, 1-12


"Que votre cœur ne soit pas bouleversé", dit Jésus à ses disciples, alors qu'il venait de leur annoncer, lors du dernier repas qu'il prenait avec eux, qu'il allait bientôt les quitter.

On peut comprendre que les disciples étaient bouleversés à cette annonce !
Nous aussi aujourd'hui nous sommes bouleversés avec tout ce qui nous arrive dans cette crise sanitaire que nous traversons : chômage économique, perte de revenus, école interrompue, examens remis en question, enfermement à la maison, rencontres et rassemblements interdits, incertitudes sur le proche avenir, ...

De tous temps les hommes ont été soumis à des bouleversements : la première lecture nous montre les tensions dans la première communauté chrétienne entre chrétiens de langue grecque et chrétiens de langue hébraïque.
Comment gérer cela et répondre à ces nouvelles questions ? Il a fallu faire preuve de créativité lors d'une assemblée.
Et dans les décennies qui ont suivi, les chrétiens pensaient que Jésus allait revenir bientôt, mais son retour tardait ... combien de temps faudra-t-il attendre le retour de Jésus ?
Marie aussi a été bouleversée à l’annonce de l’ange lui annonçant qu’elle allait être la mère de Sauveur.

Face à tous les bouleversements, angoisses, questionnements, Jésus nous dit : "que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi !".
Ce n’est pas facile de croire dans des temps de bouleversements !

Thomas et Philippe, les deux apôtres dont nous parle l'évangile de ce 5ème dimanche de Pâques, expriment franchement leurs doutes.
- "Nous ne savons pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin" pour être avec toi ? demande Thomas.
Jésus lui répond, et il nous le dit à chacun de nous : "Je suis le chemin, la vérité et la vie". Oui, le chemin vers Dieu passe par Jésus : laissons-nous guider par lui dans la confiance en accueillant sa Parole.
- "Montre-nous le Père, cela nous suffit", lui dit Philippe. Il exprime aussi son manque de foi également. Mais, lui répond Jésus, "celui qui m'a vu a vu le Père" : en répondant cela, Jésus nous indique la proximité, l'unité qu'il y a entre lui et son Père.
Et si nous avons du mal à croire en Jésus, il nous demande de croire au moins à cause de ses œuvres. Les évangiles nous racontent les œuvres de Jésus : œuvres de miséricorde, d'accueil, de patience, de guérison, d'amour envers tous celles et ceux qui ont croisé son chemin.

Alors pour nous, aujourd'hui ? Comme Thomas et Philippe nous avons nos doutes, nos questions. Prenons le chemin qu'est Jésus : il nous mène au Père. Comment ? En ayant foi en Jésus, et en accomplissant nous aussi ses œuvres. Car il nous assure qu’en croyant en lui, nous ferons les œuvres qu’il fait, et même de plus grandes !

C’est ce que saint Pierre nous déclare dans la seconde lecture : nous sommes des pierres vivantes, membres du corps du Christ qui est la pierre angulaire. Comme pierres vivantes, nous sommes invités à "entrer dans la demeure spirituelle et à présenter des sacrifies agréables à Dieu", c’est-à-dire des œuvres de miséricorde. C’est par notre foi, rendue concrète par nos œuvres, que nous sommes les pierre vivantes membres de son corps. Et qu’ainsi, nous avançons sur son chemin avec un cœur apaisé.

Abbé Eric Vancraeynest