2ème dimanche de Carême - Année B

Marc 9 2 10Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (9, 2-10)

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille.
Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! ». Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ».

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En ce 2è dimanche de Carême nous voyons Jésus transfiguré sur une montagne. La montagne est dans la Bible le lieu symbolique de la rencontre des hommes avec Dieu. Pensons notamment au mont Sinaï au haut duquel Moïse a reçu les tables de la Loi.

Alors que dimanche dernier nous avons vu un Jésus humain, tenté dans le désert, ici Jésus nous apparaît dans sa divinité.

Accompagnant Jésus vers sa pâque à Jérusalem, c'est un signe annonciateur de sa résurrection qui nous est donné, comme si un coin du voile de sa divinité était levé.

Jésus apparaît entre Moïse, qui symbolise la Loi reçue sur le Sinaï, et Élie, qui symbolise les prophètes. C'est toute la Première Alliance (l'Ancien Testament : la Loi et des Prophètes), qui est ainsi représentée aux côté de Jésus.

La voix qui se fait entendre nous dit "Écoutez-le !". Mettons-nous à l'écoute du Christ, qui est la Parole de Dieu. Écoutons ce qu'il nous dit, que ce soit dans la Bible, la prière ou les événements de notre vie.

On imagine l'émotion que cette vue provoque chez Pierre, Jacques et Jean. Pierre en est tellement bouleversé qu'il ne sait pas quoi dire et propose de dresser trois tentes. Il goûte le moment présent : "il est bon que nous soyons ici". Mais il ne s'agit pas de s'installer sur la montagne, à rester contempler cette vision. Jésus et ses disciples devront redescendre dans la plaine et reprendre la route vers Jérusalem, où il sera arrêté, condamné, mis à mort, et où il ressuscitera.

A peine la vision est-elle achevée, que Jésus annonce sa passion à Pierre, Jacques et Jean, en leur demandant de ne rien raconter de qu'ils ont vu, jusqu'à ce qu'il soit "ressuscité d'entre les morts". Ce n'est pas la première fois que Jésus annonce sa mort et sa résurrection à ses disciples. Mais ils n'ont pas compris ce qu'il voulait dire. Il leur a aussi dit qu'ils devraient, eux aussi, souffrir à sa suite. Cela les a sans doute découragé, et plusieurs d'entre eux ont eu envie d'abandonner le chemin avec Jésus : ils se sont demandés s'ils ne s'étaient pas trompés, et si c'était bien lui le Messie attendu. Cet épisode de la transfiguration aura été pour Pierre, Jacques et Jean une confirmation de l'identité de Jésus, qui avait déjà été annoncée lors de son baptême dans le Jourdain : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé".

Il nous arrive aussi de vivre des moments forts, relationnels, sociaux ou spirituels. Ces moments sont bons car il nous redonnent courage, enthousiasme, motivation. Mais ils ne durent en général pas : le chemin de la vie continue et il nous faut nous aussi reprendre la route.

Il y a des jours de lumière, mais aussi des jours de peine qui nous font douter et nous demander si nous ne faisons pas fausse route.

Nous avons déjà rencontré des personnes "transfigurées" : malgré les épreuves de la vie, elles laissent transparaître la lumière de l'espérance. A leur contact, nous nous sentons meilleurs, et elles nous donnent la force de poursuivre notre chemin.

En contemplant le Christ dans sa gloire (que ce soit ici à la transfiguration, ou lors de sa glorification sur la croix), nous pouvons aussi rayonner notre foi dans le Christ pour ceux qui sont dans le doute ou la peine : le Christ ne nous évite pas la souffrance, mais il nous mène à travers les épreuves à la gloire de la résurrection.

Eric

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1er dimanche de Carême - Année B

Marc 1 12 15 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 12-15)

Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.
Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

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Nous sommes entrés dans le carême lors du mercredi des cendres : un temps qui s'offre à nous pour nous préparer à Pâques.
Lors du premier dimanche de Carême, nous voyons Jésus se retirer dans le désert, poussé par l'Esprit, ce esprit qui vient de descendre sur lui lors de son baptême dans le Jourdain. Nous sommes donc ici au tout début de sa vie publique.

Marc précise que Jésus resta 40 jours dans le désert. Notre carême reprend cette durée : c'est l'occasion pour nous d'accompagner Jésus dans cette démarche de retrait dans le désert pendant ce temps vers Pâques.

Pourquoi dans le désert ? Le désert est un lieu d'aridité, où nous sommes confrontés à nous-mêmes : on ne peut pas s'échapper dans de faux-fuyants. C'est l'occasion de faire le point et nous rappeler de l'alliance que Dieu fait avec nous.

La 1ère lecture rappelle cette alliance que Dieu a faite avec Noé et sa descendance et avec tous les êtres vivants : ce passage du livre de la Genèse décrit le signe donné de cette alliance : un arc au milieu des nuages.

Dieu a multiplié les alliances : avec Abraham, puis l'alliance au Sinaï avec le peuple sorti d'Égypte sous la conduite de Moïse, puis avec la roi David et sa dynastie. Et enfin l'alliance par le Christ, que nous célébrons à chaque eucharistie.

Une alliance est en engagement entre deux parties. Dieu s'engage envers nous et attends notre réponse. Mais c'est lui qui prend l'initiative.

Dans ce passage de Jésus au désert, Marc ne détaille pas les tentations, comme le font les autres évangélistes, Matthieu et Luc. La tentation de Jésus est celle de convaincre les gens en utilisant des moyens de puissance. On le voit effet souvent irrité et découragé en constant la lenteur de ses disciples et de ses opposants à comprendre ce qu'il dit, le sens de sa mission, et à croire en qui il est. Mais il a résisté à la tentation d'accomplir des gestes sensationnels. C'est pour cela que lorsqu'il guérit un malade, Jésus ajoute souvent : "Ne dites cela à personne" : s'il veut sauver les gens de leur mal, il ne veut pas convaincre par des prodiges. Jésus veut nous laisser libres et il respecte notre liberté de le suivre ou pas, de croire en lui ou pas.

Nos tentations sont aussi celle du découragement face au mal dont nous sommes témoins (dans notre vie personnelle, dans entourage ou dans le monde), et celle de ne pas faire confiance en la Parole de Dieu, quand il nous dit que le bonheur réside dans le fait de d'abord penser aux autres, dans le partage et dans la conversion. Ce temps de Carême, 40 jours de désert personnel, est un temps de conversion pour nous aider à combattre ces tentations, et renouveler notre confiance en Dieu et en la solidité de son alliance avec nous.

Eric

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 6ème dimanche du Temps Ordinaire — Année B


Marc 1 40 45 Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 1, 40-45)

En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié.
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

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Nous terminons ce dimanche le 1er chapitre de Marc. Nous avons vu jusqu'ici Jésus enseigner à Capharnaüm, guérir la belle-mère de Simon et expulser des démons, autant de signes du règne de Dieu en train d'advenir.

Voici à présent que survient un lépreux. La lèpre est une maladie effrayante qui fait peur : elle provoque de grave plaies dans les membres, elle est vue comme contagieuse. Les personnes atteintes de la lèpre son dès lors chassées, marginalisées, exclues de la communauté, de la société.

Ces règles sanitaires d'éloignement ont pour but d'éviter le contamination d'autres personnes. Mais à cette exclusion sanitaire s'en ajoute une autre : le lépreux est considéré comme un pécheur. La maladie est perçue comme une punition envoyée par Dieu : "si tu es lépreux, c'est parce que tu as péché". Il y a donc une double condamnation qui accable le lépreux, physique et morale. Pour les gens, le lépreux est défiguré par la maladie et par le péché.

Or dans la conception de l'époque, pour vivre en présence de Dieu, il fallait être pur, et pour cela, éviter les contacts avec ce qui rend impur, comme tels ou tels aliments, ou toucher une personne malade. La première lecture nous décrit les mesures strictes qui étaient prises à l'encontre des lépreux.

Le lépreux de l'évangile de ce dimanche transgresse les interdits sanitaires et religieux : il s'approche de Jésus et tombe à ses genoux. On peut le comprendre, car il n'a rien à perdre.

Jésus lui aussi transgresse l'interdit : il étend la main et va jusqu'à toucher le lépreux. Il montre ainsi sa proximité avec le malade. Souvent quand il guérit quelqu'un, Jésus touche la personne : c'est un geste de compassion.

Quand nous visitons un malade, nous sommes impuissants face à la maladie et la souffrance, mais nous pouvons avoir un geste semblable, en le prenant par la main, pour montrer notre tendresse, notre soutien, notre proximité, notre compassion. De tels gestes sont hélas actuellement rendus impossible avec la crise sanitaire que nous traversons : nous ne pouvons plus nous approcher et toucher les personnes malades, seules, isolées. Les exclusions sont ainsi renforcées.

En touchant le lépreux, Jésus prend sur lui sa maladie : c'est lui, Jésus, à présent qui ne peut plus entrer ouvertement dans une ville, et qui doit rester à l'écart dans des endroits déserts. Comme le dira saint Paul, Jésus s'est fait péché pour nous, jusqu'à mourir comme un malfaiteur sur une croix.

Quant au lépreux guéri, Jésus l'invite à ne rien dire à personne, car il est encore trop tôt pour qu'il soit reconnu comme le Messie. Mais il invite le lépreux à aller se montrer au prêtre, afin que celui-ci puisse attester de sa guérison et le réintègre ainsi dans la vie sociale. Mais malgré la recommandation de Jésus, cet homme se mit à proclamer la bonne nouvelle : comment aurait-il pu se taire après avoir fait cette expérience de salut ?

Ce passage d'évangile nous montre que Dieu ne considère personne comme impur : il nous accueille avec nos impuretés, physiques et morales, il nous rejoint dans nos misères et nos fragilités. Ce ne sont pas les rites de purifications qui nous sauvent, mais la croix du Christ. Comme le lépreux, nous pouvons aussi tomber aux genoux de Jésus et nous laisser toucher par lui, pour qu'il nous guérisse de nos lèpres, nous relève et nous réintègre. Évitons dès lors nous aussi de juger les personnes en les considérant impures, mais avec le Christ, travaillons à lutter contre les exclusions.

Éric

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 5ème dimanche du Temps Ordinaire — Année B

Marc 1 29 39Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 29-39)


En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André.

Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. »

Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.

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Jésus est toujours au début de sa vie publique. Après avoir enseigné dans la synagogue de Capharanüm et chassé un esprit impur qui tourmentait un homme, le voici chez Simon et André, les compagnons qu'il a appelés, avec Jacques et Jean.

Sa mission est très prenante et ne lui laisse pas de repos. Nous pouvons voir dans ce passage, Jésus infatigable, qui n'arrête pas de guérir, d'expulser des démons. Il va de la synagogue, à la maison de Simon, puis se rend dans un endroit désert.

À peine est-il arrivé à la maison de Simon et André, qu'on lui parle d'une malade, la belle-mère de Simon. Elle a de la fièvre. Jésus la saisit par la main et la fait lever, dans un geste qui évoque la résurrection. Elle peut dès lors reprendre le cours de sa vie, ses activités : "elle les servait".

Jésus nous prend par la main et nous remet debout, il nous ressuscite, pour que nous nous mettions au service des autres.

Et dès le soir, c'est une foule de gens qui vient à lui : "la ville entière se pressait à sa porte". Mais, s'il guérit beaucoup de monde, Jésus ne les guérit pas tous : il n'a pas guéri tous les malades de son pays !

Les guérisons opérées par Jésus sont des signes qu'il nous donne et qui nous disent que le Règne de Dieu est inauguré. Mais il agit dans la discrétion : quand il expulse des démons il les empêche de parler. Car si les foules ne voient sans doute en Jésus qu'un guérisseur, les démons, eux, savent bien à qui ils ont à faire : le Fils de Dieu venu les combattre.

Lorsque nous tendons une main à un malade, lorsque nous délivrons quelqu'un d'un mal qui l'enferme sur lui-même, et l'aidons à se remettre debout, le Règne de Dieu progresse.

En particulier, en cette période de crise sanitaire, la guérison consiste à éviter tout comportement qui pourrait mettre en danger la santé d'autrui, mais aussi à nous préoccuper de ceux, malades ou pas, qui sont isolés et coupés de leurs relations habituelles.

Il ne semble pas avoir beaucoup de temps pour lui : jusque tard le soir, il guérit. Et sa nuit est courte, car tôt le matin, "bien avant l'aube", il se rend dans un endroit désert. En effet, malgré toutes ces activités débordantes, Jésus prend le temps de prier, de s'adresser à son Père : après l'agitation de la veille, il lui est nécessaire de prendre un nouveau souffle dans la prière. On peut penser qu'il confie à son Père toutes ces personnes en détresse qu'il a rencontrées, celles qu'il a guéries et toutes les autres.

Dans le tourbillon de nos vies, prenons-nous le temps de nous rendre dans un endroit désert pour prier ? Ce n'est jamais du temps perdu : de ce temps passé seul à seul avec Dieu, dépend la fécondité de nos engagements. Sans cela, nous risquons de bien vite nous épuiser.

Jésus tire sa force dans la prière, auprès de son Père.

La prière ne peut pas non plus être un alibi, une excuse pour ne pas agir et nous engager dans le service : à peine Simon et ses amis ont-ils retrouvé Jésus, qu'ils le rappellent à sa mission : "tout le monde te cherche".

Et Jésus se remet en route : "allons ailleurs dans les villages voisins". Sa mission ne peut pas attendre, il y a urgence : il est toujours en chemin, il passe de village en village. La dernière phrase de ce passage d'évangile rappelle que la mission de Jésus est toujours axée sur ces deux piliers : enseigner et guérir en luttant contre le mal.

Tout baptisé est envoyé pour cette même mission : annoncer la Bonne Nouvelle et soulager les souffrances. Soyons comme Jésus, une Église en mouvement qui rencontre les personnes, en posant pour elles des gestes de compassion, de guérison, d'humanité.

Éric

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 3ème dimanche du Temps Ordinaire — Année B

Marc 1 14 20Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 14-20)

Après l’arrestation de Jean le Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »

Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs.

Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela.

Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

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L'évangile de Marc nous accompagne pendant cette année liturgique. Nous voyons ici Jésus au début de sa vie publique, après l'arrestation de Jean Baptiste.

Marc y décrit le cœur de la mission de Jésus, qu'il résume en une phrase : Jésus proclame d'Évangile de Dieu.

En ce 3ème dimanche du temps ordinaire, consacré selon le souhait du pape François à la Parole de Dieu, l'occasion nous est ainsi donnée d'entendre Jésus proclamer cette Parole.

Jésus proclame l'Évangile de Dieu en Galilée, "carrefour des nations", où se mêlent peuples set cultures : la Parole de Dieu est pour tous.

Il annonce que le Règne de Dieu est tout proche. De quel règne parle-t-il ? Depuis les rois David et Salomon, le peuple hébreu avait connu bien des invasions, et il était dans l'attente du retour d'un roi qui allait constituer un nouveau royaume d'Israël.

Mais le règne de Dieu que Jésus annonce n'est bien sûr pas un régime politique. C'est plutôt une société humaine (notre pays, notre ville, notre famille) dans laquelle les hommes vivent selon le désir de Dieu : l'amour fraternel, le pardon, le respect, la solidarité, le partage, la compassion, la miséricorde. Jésus est venu inaugurer ce règne, mais ce règne n'est pas encore pleinement réalisé. C'est à nous d'y travailler pour le rendre davantage présent.

Pour cela Jésus nous dit "Convertissez-vous et croyez à l'Évangile ". C'est la phrase que le prêtre prononce le mercredi des Cendres lorsqu'il nous impose les cendres sur le front, en signe de conversion. Se convertir, c'est changer de regard, changer de comportement, changer d'idée. Avoir un regard positif et de bienveillance, ce même regard que Dieu a sur chacun de nous. La conversion suppose la foi : Jésus nous invite à croire à la Bonne Nouvelle (c'est le sens du mot Évangile), c'est-à-dire à avoir confiance dans le fait qu'avec le Christ, l'amour et le bien l'emportent sur le mal qui semble nous dominer.

Pour cette tâche, Jésus veut avoir besoin de nous. Il ne veut pas agir seul. Il se choisit des collaborateurs : les premiers qu'il appelle sont Simon, André, Jacques et Jean. Nous les voyons répondre sans hésiter. Ce qui est frappant dans ce passage de l'appel des premiers apôtres, c'est l'urgence qui domine : "Aussitôt il les appela". "Aussitôt ils le suivirent". Il y a bien urgence à nous engager pour faire grandir le règne de Dieu.

Nous le prions dans le Notre Père : "Que ton règne vienne !" Alors, engageons-nous concrètement. Car Jésus nous appelle aussi : il nous dit "Viens et suis-moi". Il ne nous demande pas de renier tout ce qui fait notre vie, mais de revoir nos priorités.

Comme pour les premiers apôtres, Jésus veut faire de nous des pêcheurs d'hommes. Qu'est ce que cela veut dire ? La mer, pour le peuple juif (qui était un peule terrien plutôt que marin), était le lieu de la mort, le lieu des forces du mal. Être pêcheur d'hommes, c'est les retirer du mal et de la mort, pour les sauver et leur donner la vie.

Répondons avec confiance à l'appel que Jésus nous fait à le suive pour collaborer à la venue de son règne.

Éric

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 2ème dimanche du Temps Ordinaire — Année B

Jean 1 35 42 Agneau de DieuÉvangile de Jésus Christ selon saint Jean 1, 35-42


En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. »
Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. »

Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).
André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ.

André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

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Nous voici juste après le baptême de Jésus dans le Jourdain. À ceux qui sont venus l'interroger, Jean Baptiste avait répondu qu'il n'est pas le Messie, mais qu'il est venu préparer sa venue et lui rendre témoignage.

Nous le voyons ici désigner Jésus comme "l'agneau de Dieu", à deux de ses disciples.

Les représentations artistiques de Jean Baptise le montrent souvent en train de pointer son doigt vers Jésus, pour orienter vers lui les regards.

Quel est le sens de l'expression "agneau de Dieu", utilisée par Jean Baptise pour désigner Jésus ? Nous l'utilisons souvent à la messe ("Agneau de Dieu qui enlèves le péché du monde..."), mais nous n'en comprenons pas nécessairement le sens : l'agneau peut nous faire penser à la douceur, la docilité, la fragilité.

Cette expression fait référence à des textes de l'ancien testament, que les auditeurs de Jean Baptiste connaissent bien. Elle évoque pour eux deux passages.

C'est d'abord l'agneau sacrifié lors de la Pâque juive : au moment de fuir leur esclavage en Égypte pour aller en Terre promise lors de l'Exode, chaque famille juive a tué un agneau pour le manger et en mettre le sang sur le linteau des portes afin de se faire reconnaître de Dieu.

D'autre part, le prophète Isaïe décrit le serviteur souffrant comme un agneau que l'on conduit à l'abattoir.

Les deux disciples de Jean Baptiste, André et son compagnon, comprennent tout de suite que l'agneau de Dieu est le Messie attendu : "nous avons trouvé le Messie", dira André à son frère à Simon.

Le Christ (mot d'origine grecque qui veut dire la même chose que le mot Messie qui vient de l'hébreu), comme l'agneau de l'Exode, versera son sang pour nous libérer de l'esclavage du péché, de la mort.

Il sera l'humble serviteur qui ira jusqu'au bout en donnant sa vie pour tous les hommes.

André et son compagnon se mettent dès lors à suivre Jésus. Celui-ci se retourne vers eux et leur demande : "Que cherchez-vous ?".

Cette question nous interpelle nous aussi : sommes-nous en recherche de Dieu, du vrai bonheur ? que faisons-nous de notre vie ?

Et quand ils lui répondent par cette autre question "Maître, où demeures-tu ?", Jésus leur dit : "Venez et vous verrez".

Rien de tel que d'inviter celui qui interroge, à se faire sa propre opinion en venant voir par lui-même. C'est une invitation qui laisse libre.

De même, comme chrétien et comme Église, nous invitons à venir voir qui nous sommes et ce qui nous fait vivre.

Puis André invite à son tour à son frère Simon.

Comme Jean Baptise l'a fait pour André et son compagnon, sans doute un jour quelqu'un nous at-t-il montré Jésus, que dès lors nous avons suivi librement. Mais c'est aussi notre tour d'en inviter d'autres à "venir et voir".

En disant à Simon que dorénavant il s'appellera Pierre (Kèphas), Jésus lui donne une mission, celle d'être la pierre solide, le roc pour ses frères.

Notre recherche personnelle ("Où demeures-tu ?") nous mène à suivre le Christ, pour "venir et voir" et ainsi le fréquenter et faire l'expérience de la rencontre personnelle avec lui.

À notre baptême, le Seigneur nous a donné une mission et il nous envoie trouver nos frères et soeurs pour leur dire à notre tour : "nous avons trouvé le Messie : venez et voyez".

Eric


Jean 1 35 42

 


Baptême de Seigneur - B

Marc 1 7 11Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 7-11

En ce temps-là, Jean le Baptiste proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie ».

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Avec la fête du baptême du Seigneur, nous terminons le temps de Noël.

Si dimanche dernier, celui de l'Epiphanie, Jésus était un bébé dans la crèche, nous le retrouvons ce dimanche à 30 ans, ayant quitté sa ville de Nazareth où il a grandit.

La liturgie ne suit pas la chronologie humaine, mais elle nous donne des textes à entendre ou à lire, en fonction du lien avec le temps liturgique.

Mais quel lien y a-t-il entre Noël et le baptême du Seigneur ?

Celui de l'incarnation : Dieu se fait homme en Jésus, il se fait proche de nous, l'un de nous.

Les 4 évangélistes disent chacun à leur manière que Jésus est le Fils de Dieu : Matthieu nous dit, lors l'annonce à Joseph, que Jésus a été conçu de l'Esprit Saint (Mt 1, 20), à la fin du récit de la généalogie de Jésus qui remonte à Abraham.

Luc le souligne avec le récit de l'Annonciation à Marie (Luc 1, 35). Jean le fait dans son prologue où il nous dit que "le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous" (Jean 1, 14).

Et Marc (qui ne raconte pas l'enfance de Jésus : son évangile commence avec Jean-Baptiste au désert) nous parle du baptême de Jésus.

C'est chaque fois le même mystère de Dieu qui se fait homme en Jésus son Fils, mais raconté différemment par les évangélistes, chacun à sa manière, selon sa culture et les gens auxquels ils s'adressent.

Le récit du baptême du Seigneur est donc aussi une "épiphanie", comme celle des mages. Souvenons-nous que le mot épiphanie vient d'un verbe grec qui signifie "se manifester".

Comme Dieu s'est manifesté en Jésus aux mages, représentant les peuples de la terre, il se manifeste en son Fils cette fois-ci aux habitants de la Judée et de Jérusalem venus se faire baptiser par Jean Baptiste dans le Jourdain.

C'est le début de la vie publique de Jésus : suite à cette épiphanie dans le Jourdain, plusieurs disciples de Jean Baptiste deviendront disciples de Jésus.

Jean Baptiste baptisait dans l'eau pour un baptême de conversion : les gens plongeaient dans les eaux du Jourdain pour un marquer un changement dans leur façon de vivre.

Jésus n'avait pas besoin d'exprimer par ce baptême une volonté de conversion. Mais il veut être baptisé par Jean pour se faire solidaire des pécheurs et s'identifier ainsi à toute l'humanité.

Comment Marc décrit-il cette scène ? Le Père, le Fils et le Saint Esprit y sont présents.

Les cieux se déchirent, réalisant la prière du prophète Isaïe : " Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais " (Is 63, 19).

L'Esprit Saint descend sur Jésus comme une colombe : Dieu descend rejoindre l'humanité. Plus tard dans la synagogue de Nazareth, Jésus dira "L'Esprit du Seigneur est sur moi, il m'a envoyé annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, délivrer les opprimés ..." (Luc 4, 18).

Et une voix se fait entendre "Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie".

C'est de ce baptême dans l'Esprit que vient notre baptême.

Nous somme baptisés dans la foi trinitaire : nous croyons en Dieu Père, Fils et Saint Esprit.

À nous aussi, Dieu nous dit que nous sommes ses fils, ses filles bien aimé(e)s. Il nous rejoint dans notre vie.

Et comme Jésus, à sa suite, nous sommes baptisés pour une mission : annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres et la délivrance aux captifs.

Puissions-nous par notre vie de baptisés manifester notre joie d'être aimés de Dieu et nous engager pour la libération de nos frères et soeurs.

Eric

Dimanche de l'Epiphanie B

Matthieu 2 1 12 Epiphanie Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 1-12

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand.
Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent :
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent.
Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

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Nous sommes toujours dans le temps de Noël. Ce premier dimanche de l'année civile est celui de l'Épiphanie.
Nous connaissons bien ce récit des mages venant rendre hommage à l'enfant Jésus à la crèche.
Mais ce texte nous raconte bien plus qu'une simple histoire de visite de courtoisie : il nous dit déjà qui est cet enfant Jésus qui vient de naître.
Notons que le texte de l'évangile ne parle pas de "rois", il ne dit pas qu'ils sont 3 (même s'il y a bien 3 présents offerts à Jésus), et il ne cite pas leurs prénoms : tout cela sont des ajouts que la tradition a élaborée bien plus tard, mais qui ne trouvent pas dans la Bible.

Le mot "épiphanie" vient d'un verbe grec qui signifie "se manifester, apparaître, être évident". Les orthodoxes parlent d'une "théophanie" : la manifestation de Dieu.
En Jésus, Dieu se manifeste. Dans ce cas-ci, il se manifeste à des étrangers, venus d'Orient. Avant eux, il s'était manifesté à des bergers, des gens simples, sans instruction, et à la vie dure. Dieu donne la priorité aux gens qui sont en dehors des cadres habituels.
Nous voyons déjà ici le projet de Dieu de ne pas limiter la révélation au peuple d'Israël, mais de se faire connaître aux hommes de tous pays, représentés par ces mages étrangers.
La lumière de Dieu, symbolisée par l'étoile, brille pour tous les peuples : le salut de Dieu est universel. Qui que nous soyons, quelles que soient notre origine, notre situation, notre histoire personnelle, Dieu vient pour nous.

Les mages sont des chercheurs : ils cherchent à connaître, à comprendre. En voyant cette étoile inconnue, ils sont animés d'une saine curiosité qui les pousse à se mettre en route afin de comprendre le sens de ce signe qui leur est donné.
Les Écritures les aident à progresser dans leur recherche du roi des Juifs.
Puissons-nous comme les mages être attentifs aux signes que Dieu nous donne, sortir de notre quotidien pour nous mettre en route, être en recherche, curieux de Dieu, et pour cela scruter les Écritures, la Parole de Dieu.

La rencontre avec Jésus procure aux mages "une très grande joie" et ils se prosternent devant lui.
Vivons-nous dans la joie notre rencontre avec Jésus, que ce soit dans les sacrements, dans sa Parole, ou dans le service de nos frères ? Et acceptons-nous de nous prosterner humblement devant lui ?

Les présents apportés par les mages nous disent également qui est Jésus : l'or indique que Jésus est roi (non pas à la façon du monde, mais dans le sens du "Christ roi", venu pour servir et non pour être servi).
L'encens signifie qu'il est Dieu : on utilise l'encens lors du culte rendu à Dieu. Et la myrrhe, ce parfum destiné à embaumer les corps, nous dit que Jésus est aussi homme et qu'il souffrira la Passion, connaîtra la mort, sera enseveli, et ressuscitera.
C'est le résumé de notre foi : Jésus est roi-serviteur, Dieu et homme.

Enfin, nous précise ce texte, les mages, "avertis en songe, regagnèrent leur pays par un autre chemin".
Cela nous dit tout d'abord qu'ils ne restent pas à Bethléem à contempler l'enfant Jésus : ils retournent chez eux à leur vie quotidienne, à leurs tâches, à la mission et aux responsabilités qui sont les leurs.
Comme plus tard, les apôtres Pierre, Jacques et Jean ne resteront pas à contempler le Christ sur la montagne lors de la transfiguration : il redescendront dans la plaine afin de poursuivre leur route vers Jérusalem.
Mais les mages rentrent chez eux transformés. C'est le sens de cet "autre chemin" qui ne parle pas seulement de leur trajet géographique, comme si, suivant une carte routière, ils décidaient de prendre un chemin alternatif.
Il s'agit surtout de leur chemin intérieur qui est bouleversé : ils ont rencontré Dieu qui se manifeste dans un bébé fragile et dépendant, dans une petit village et non pas dans la capitale Jérusalem !
Après avoir fait cette rencontre avec le Christ, leur vie ne sera plus comme avant : ils ont fait l'expérience d'un Dieu déroutant, qui les a "déroutés", en changeant la route de leur vie.
Nous aussi, après une célébration, une rencontre avec le Christ, nous repartons chez nous, et sommes renvoyés à notre vie quotidienne. Mais c'est pour que nous vivions changés, en reflétant humblement la lumière reçue qu'est le Christ.

Éric


Évangile 4ème dimanche Avent B


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 26-38

4 DIM AVENT Luc 1 26 28 L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, à une jeune fille, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’Ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » A cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’Ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’Ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L’Ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Elisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait « la femme stérile ». Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »
Alors l’Ange la quitta.


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Pour ce 4ème dimanche de l'avent, c'est vers Marie que nous tournons nos regards. En particulier, en ce moment extraordinaire de sa vie, lorsque l'envoyé du Seigneur (c'est le sens du mot "ange") lui annonce qu'elle enfantera un fils qui sera appelé fils du Très-Haut.
On comprend aisément que Marie en soit toute bouleversée. Car non seulement elle deviendra mère sans connaître d'homme, ce qui provoque sa perplexité ("Comment cela va-t-il se faire ?"), mais ce fils est promis à une destinée elle aussi extraordinaire : recevoir le trône de David et régner pour toujours sur la maison de Jacob, d'un règne qui n'aura pas de fin. Malgré tout, Marie accueille cette parole de Dieu dans la foi.

Ce fils qu'elle reçoit, Marie ne le gardera pas pour elle, elle le donnera au monde. Elle a compris qu'elle est choisie, non pas pour accaparer Dieu pour elle-même, pour ses intérêts, mais que sa mission est de le donner pour le salut du monde.
Or, si souvent dans l'Histoire, et encore de nos jours, les hommes ont voulu utiliser Dieu pour servir leur idéologie, leur programme, leur pouvoir. Ils utilisent même Dieu pour justifier leur violence.

Le roi David, dont nous parle la première lecture (2ème livre de Samuel, chap. 7), a eu aussi cette tentation d'enfermer Dieu pour lui, pour ses projets. Après que le peuple d'Israël se soit installé dans la terre promise, David s'est fait construire un grand palais. Mais l'arche de l'Alliance, signe de la présence de Dieu parmi son peuple, et qui renferme les tables de la Loi, est toujours dans la tente dans laquelle elle a traversé le désert du Sinaï. Alors, de même que son peuple, après avoir erré 40 ans de le désert, s'est stabilisé dans ce pays, David veut que Dieu ait lui aussi sa maison. Pour cela, il veut lui construire un temple. Sans doute voulait-il s'assurer que Dieu reste bien là, au milieu de son peuple et le garder ainsi à ses côtés.

Or, à la surprise de David, Dieu ne veut pas de ce temple : il ne veut pas se laisser enfermer. Par la bouche du prophète Nathan, il répond que c'est plutôt lui, Dieu, qui fera une maison à David.
Cette maison que Dieu fait à David, n'est pas une construction de pierre, mais c'est une famille, une descendance. Joseph, nous dit l'évangile de ce dimanche, est de la maison de David, de sa famille. Et Jésus règnera sur la maison de Jacob. C'est dans cette famille humaine que Dieu est présent, et non pas dans les temples ou les églises de pierre ou d'autres matériaux.

C'est le sens du mot "incarnation" : Marie devient la maison de Dieu dans notre monde, en elle Dieu se fait homme. Mais elle n'a pas les mêmes projets que David : elle ne veut pas mettre la main sur Dieu, mais elle se laisse conduire par lui. Elle ne l'annexe pas pour elle-même, mais elle le mettra au monde pour le donner au monde. C'est la bonne nouvelle de ce dimanche : dans notre monde marqué par tant d'incertitudes, de situations d'injustice et d'exclusion, Marie nous donne dans le bébé à naître un formidable espoir, le salut du monde.

Nous pouvons nous aussi, comme Marie, accueillir Dieu en nous, non pas pour le garder pour nous, mais pour le donner au monde, à la famille humaine. L'important n'est pas de construire une maison pour Dieu, mais d'accueillir sa présence en nous coeurs, où il vient faire sa demeure, comme Marie a accueilli le Fils de Dieu. Il nous faut pour cela, toujours comme Marie, accueillir et méditer la Parole de Dieu. Car c'est en accueillant la Parole, le Verbe de Dieu, que nous deviendrons la maison par laquelle Dieu vient au monde encore aujourd'hui.

Eric


Évangile 3ème dimanche Avent B

3eme Dim Avent B Jean 1 6 28Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 1, 6-28.

Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.
Et voici quel fut le témoignage de Jean quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il le reconnut ouvertement, il déclara : « Je ne suis pas le Messie. » Ils lui demandèrent : « Qui es-tu donc ? Es-tu le prophète Elie ? » Il répondit : « Non - Alors, es-tu le grand prophète ? » Il répondit : « Ce n’est pas moi. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix qui crie à travers le désert : « Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Or, certains des envoyés étaient des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Si tu n’es ni le Messie, ni Elie, ni le grand prophète, pourquoi baptises-tu ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. »
Tout cela s’est passé à Béthanie de Transjordanie, à l’endroit où Jean baptisait.

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Le 3ème dimanche de l'avent est appelé "Gaudete", ce qui veut dire "réjouissez-vous". Les lectures de ce dimanche invitent en effet à la joie :
Isaïe est dans la joie au retour d'exil, le chant du Magnificat exprime la joie de Marie, et saint Paul nous dit "soyez toujours dans la joie".
Les attentes sont parfois longues et déprimantes : nous attendons la fin de la crise sanitaire, nous attendons de pouvoir reprendre nos activités, de revoir des proches.
Or les lectures de ce dimanche nous rappellent que le temps d'attente qu'est l'avent nous mène à la joie de la rencontre du Seigneur qui vient.
De quelle joie s'agit-il ? La joie n'est pas l'absence de soucis ou de problèmes, car nous en avons tous, et pourtant nous pouvons être joyeux malgré cela.
Il s'agit de la joie qui provient de ce que l'on donne, de l'ouverture aux autres, et de l'accueil des différences. Elle est un des fruits de l'Esprit Saint, cités par Paul dans l'épître aux Galates (5, 22).

Cet Esprit de Dieu habite Jean-Baptiste qui rend témoignage à la Lumière : celle du Christ.
Qui est Jean-Baptiste, que nous retrouvons ce dimanche dans l'évangile de saint Jean ?
On l'appelle "le précurseur", car il proclame la venue du Christ, qui était annoncée par les prophètes et attendue par le peuple.
Aux prêtres et aux lévites qui viennent lui poser cette question "qui es-tu ?", il répond d'abord qui il n'est pas : il n'est ni le Christ, ni Élie, ni le prophète attendu.
Et reprenant une citation d'Isaïe, il se définit comme étant simplement comme la voix qui crie dans le désert : "redressez le chemin du Seigneur".

Comme tout prophète, Jean-Baptiste est un témoin. Il témoigne du Christ, de son projet qui commence à se réaliser. Il discerne les signes du royaume et appelle à la conversion ("redressez le chemin du Seigneur") pour que nous collaborions à ce projet.
Ce passage nous montre aussi l'humilité de Jean-Baptiste, qui, non seulement se contente de dire qui il n'est pas, mais qui se déclare ne pas être digne de délier la courroie de la sandale du Christ.
Par notre baptême, nous sommes aussi prophètes : c'est à nous d'annoncer aujourd'hui, avec cette même humilité, qu'il y a au milieu de nous quelqu'un que beaucoup ne connaissent pas.
C'est à nous de rendre témoignage à la Lumière du Christ, et de discerner et de reconnaître les signes de sa présence active dans notre monde.

Notre chemin d'avent se poursuit ainsi : dans la joie de l'attente, rendons témoignage à la Lumière qui vient à Noël.
Non pas les lumières extérieures des rues et des magasins, qui ces années brilleront moins que d'habitude, mais la Lumière qui nous guide intérieurement dans les obscurités et les épreuves de la vie.
Que cette joie vous accompagne vers Noël.

Eric

 2ème DIMANCHE DU TEMPS DE L'AVENT ANNEE B

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 1-8

IMAGE 2 DIM AVENT B Marc 1 1 8Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, Fils de Dieu. Il était écrit dans le livre du prophète Isaïe : « Voici que j’envoie mon messager devant toi, pour préparer ta route. A travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez la route ». Et Jean le Baptiste parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.
Toute la Judée, tout Jérusalem, venait à lui. Tous se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en reconnaissant leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau avec une ceinture de cuir autour des reins et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés dans l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

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En ce deuxième dimanche de l'avent, c'est Jean-Baptiste qui nous accompagne. Il sera également présent dimanche prochain.
C'est un curieux personnage qui nous est décrit : sa tenue vestimentaire (poils de chameaux) et sa nourriture (sauterelles et miel sauvage) évoquent, pour le lecteur juif de l'époque, le prophète Elie.
Quant à sa prédication, elle reprend celle du prophète Isaïe qui s'adresse au peuple hébreu en exil à Babylone pour l'encourager en lui annonçant un nouveau chemin, malgré les obstacles de la route à aplanir. Nous retrouvons d'ailleurs Isaïe dans les premières lectures de l'avent. Ainsi, Jean-Baptiste annonce le Messie qui vient après lui. Il prépare ses contemporains à sa venue.

Jean-Baptiste est donc à la fois à l'image des prophètes de l'ancien testament (la première Alliance), et le premier prophète de la nouvelle Alliance. Il est à la charnière de 2 mondes : le monde ancien qui va disparaître, et le nouveau inauguré par le Christ.
C'est ce qu'exprime ce chant d'avent bien connu : "Un monde ancien s'en est allé, un nouveau monde est déjà né. Nous attendons le jour de Dieu qui transfigure terre et cieux".

Nous sommes ici au tout début de l'évangile de saint Marc, qui annonce une "bonne nouvelle" (c'est le sens du mot "évangile") qui est : Jésus-Christ, Fils de Dieu. Le cœur du message que Marc développe dans son évangile est résumé dans cette première phrase. Remarquons que cet évangéliste ne raconte pas les récits de la naissance et de l'enfance de Jésus : il commence tout de suite par sa vie publique et sa rencontre avec Jean-Baptiste.

Jean-Baptiste nous dit que pour accueillir Jésus, nous devons nous préparer et réparer ce qui ne va pas dans le monde, dans nos vies. Il nous adresse en fait un appel à la conversion.
Il nous demande d'aplanir la route, sur laquelle se dressent tant d'obstacles pour avancer. Nos chemins personnels sont tortueux, et bien souvent nous les compliquons nous-mêmes.

Pour manifester une volonté de changement, Jean-Baptiste propose une démarche forte : le baptême de conversion.
Les gens plongeaient (c'est le sens du mot baptême) dans les eaux du Jourdain pour marquer une rupture avec leur passé : ils se débarrassaient ainsi de ce qui les entravaient sur les chemins de leur vie, pour entrer dans une vie nouvelle.

C'est à nous aussi de nous convertir : regardons ce qui complique notre vie, ce qui alourdit notre route, discernons quels sont les obstacles à aplanir pour mieux avancer.
C'est par ce désir de conversion que nous pouvons répondre à l'appel de Jean-Baptiste de préparer les chemins du Seigneur.

Eric

 

1er DIMANCHE DU TEMPS DE L'AVENT ANNEE B -  Veillez !


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 13, 33-37


Marc 13 33 37 1 Avent B 1
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment. Il en est comme d’un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et recommandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. Il peut arriver à l’improviste et vous trouver endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : veillez ! »


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Nous entamons ce dimanche une nouvelle année liturgique. C'est le début du temps de l'avent : une période de 4 dimanches qui nous séparent de Noël.
Les 4 bougies de la couronne d'avent symbolisent ces 4 dimanches.
"Adventus" signifie "venue", ce qui advient. Nous sommes donc invités à tourner notre regard vers le futur. Non pas un regard de peur, mais de confiance envers le Seigneur qui vient.

L'avent n'est pas une période d'attente inactive et passive, où l'on attendrait que le temps passe, en se tournant les pouces. Il s'agit au contraire d'être attentifs, vigilants.
C'est ce que nous demande Jésus dans l'évangile de ce dimanche. Ce passage de l'évangile de saint Marc est très court : 5 versets seulement. Or un mot revient 4 fois dans ce bref passage : le verbe "veiller". C'est donc que ce mot est important si Jésus le répète si souvent.
Pour expliquer ce qu'il veut dire par "veiller", Jésus prend l'image d'un homme qui part en voyage et qui, avant de partir, donne tout pouvoir à ses serviteurs. Il reviendra, mais à l'improviste.

Cet homme qui part en voyage évoque Dieu qui nous semble parfois absent de notre monde, de notre société, de notre vie. Il nous a donné "tout pouvoir" pour travailler dans ce monde : nous sommes investis d'une tâche importante pour rendre le monde meilleur, et nous mettre au service de nos frères et sœurs. Nous avons donc reçu un grand pouvoir. Sauf qu'un jour Dieu reviendra pour nous demander des comptes de notre gestion. Mais nous ne savons pas quand.
Ce sera à l'improviste : "le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin" : tous les moments sont possibles. À nous d'être prêts et de veiller, pour qu'il ne nous trouve pas endormis : que nos engagements, notre travail se fassent dans la perspective de la rencontre avec le Seigneur.
Car être vigilant, c'est regarder plus loin que l'immédiat pour être prêt à ce qui peut arriver. Le rôle d'un gardien, d'un vigile, d'un portier est d'être attentif : il ne peut pas s'endormir. Un médecin de garde doit être prêt à soigner un patient à l'improviste.

Le contexte dans lequel Jésus a prononcé ces mots, donne tout le sens à cette demande ("veillez !") qu'il adresse à ses disciples. Ce contexte est celui de Jésus qui est à Jérusalem : dans très peu de jours aura lieu sa passion (dès le chapitre 14 qui suit directement ce passage).
Jésus sait qu'il sera arrêté, jugé et mis à mort, et que cela provoquera une grave crise pour ses disciples qui seront dispersés. Il leur demande ainsi d'être prêts à ce grand bouleversement qui va les faire vaciller.

Cet appel à veiller, que Jésus adresse à ses disciples, c'est bien sûr aussi à nous qu'il l'adresse aujourd'hui.
Sommes-nous prêts à affronter les crises, les moments difficiles ? Les crises arrivent la plupart du temps sans prévenir : si nous ne sommes pas prêts, nous risquons d'être déstabilisés, de perdre confiance.
Nous n'avons pas vu venir la crise sanitaire que nous traversons, et personne n'était prêt à cela : médecins, scientifiques, responsables politiques, et nous-mêmes : tous avons été pris à l'improviste.
Maintenant que les mois ont passé depuis le début de cette crise, nous sommes vigilants, sur nos gardes, pour éviter d'être contaminés.
De même, soyons aussi sur nos gardes pour être attentifs aux autres, aux démunis, à ceux qui qui souffrent de cette situation, que ce soit au niveau économique ou relationnel.
Le Seigneur demande toute notre attention pour que nous restions lucides et vigilants à ce qui se passe autour de nous.
En veillant de la sorte, nous sommes pour le monde, pour notre entourage, et malgré les difficultés actuelles, des témoins de l'espérance qui nous fait vivre dans l'attente du Seigneur qui vient.
Bon temps de l'Avent !

Eric


 

34ème DIMANCHE ANNEE A - EVANGILE DE LA FETE DU CHRIST ROI

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 31-46

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : "Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres : il placera les brebis à sa droite et les chèvres à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : "Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade et vous m'avez visité ; j'étais en prison et vous êtes venus jusqu'à moi !"
IMAGE 34 DIM A Mt 25 31 46Alors les justes lui répondront : "Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu... ? Tu avais donc faim et nous t'avons nourri ? Tu avais soif et nous t'avons donné à boire ? Tu étais un étranger et nous t'avons accueilli ? Tu étais nu et nous t'avons habillé ? Tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi ?
Et le Roi leur répondra : Vraiment je vous le dis, chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait."
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : "Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j'avais faim et vous ne m'avez pas donné à manger ; j'avais soif et vous ne m'avez pas donné à boire , j'étais un étranger et vous ne m'avez pas accueilli ; j'étais nu et vous ne m'avez pas habillé ; j'étais malade ou en prison, et vous ne m'avez pas visité."
Alors, ils répondront, eux aussi : "Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?" Il leur répondra : "Vraiment, je vous le dis, chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait."
Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle."

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Dimanche prochain, 29 novembre, débute l'Avent et donc une nouvelle année liturgique. Ce dimanche 22 novembre est ainsi le dernier de l'année liturgique en cours.
Depuis plusieurs semaines, les lectures de cette fin de cycle, nous disent comment nous préparer à rencontrer le Seigneur, notamment par la lecture du chapitre 25 de saint Matthieu, commencée il y a deux semaines.
Il y a 15 jours, c'était la parabole de jeunes filles prévoyantes et insouciantes (Mt 25, 1-13) qui nous disait : "Veillez !". Puis dimanche dernier, la parabole des talents (Mt 25, 14-30) nous disait : " Travaillez !".
L'évangile de ce dimanche (Mt 25, 31-46) nous dit : "Aimez !" : aimez votre prochain en vous mettant à son service, de façon très concrète.

Le dernier dimanche de chaque année liturgique est celui où l'on célèbre le "Christ Roi de l'univers" .
Cette fête est relativement récente : elle a été instituée par le pape Pie XI dans l'entre-deux guerres, en 1925, pour souligner la royauté du Christ sur un monde qui se détournait de la foi, et dans lequel l'Église perdait de son pouvoir et de son influence. Il voulait ainsi réaffirmer de façon solennelle que le Christ règne sur l'univers.

Mais de quelle royauté s'agit-il ? Nous connaissons les rois de la terre, les dirigeants du monde d'hier et d'aujourd'hui (qu'ils soient rois, empereurs, pharaons, tsars, ministres, gouverneurs ou présidents, peu importe leur titre) : ils exercent souvent leur pouvoir par la force, et même par la violence et l'oppression, et cela, malheureusement, pour leur intérêt personnel et celui de leurs proches, plutôt que pour le bien des populations. Il n'y a qu'à voir les chefs d'États ou de gouvernement qui s'enrichissent de façon scandaleuse et s'accrochent à leur pouvoir, de peur de perdre leurs privilèges exorbitants.
L'Église a parfois compris aussi cette royauté comme celle de sa domination sur le monde et les peuples de la terre, dans un régime de chrétienté où elle englobait tout ce qui existait. La religion d'État s'imposait aux pouvoirs civils qui mettaient en œuvre les commandements de l'Église.

Ce n'est pas de cette façon que Jésus exerce sa royauté. Comment est-il roi ? Il l'a dit à Pilate lors de son jugement : "ma royauté n'est pas de ce monde".
Tout au long de sa vie publique, Jésus s'est mis au service des pauvres, des exclus, des malades, des pécheurs. Il est roi en se mettant au service, comme le berger qui accompagne et guide son troupeau en veillant sur chacune de ses brebis, soucieux qu'aucune ne se perde. La royauté de Jésus est une royauté de service et non de domination ou de pouvoir. Sa couronne était d'épines et non pas en or, et le trône sur lequel il a été élevé était la croix.

Et nous, de quelle manière vivons-nous notre mission de chrétien : à la manière du monde, ou à la manière du Christ ? Par notre baptême, nous avons été configurés au Christ, "prêtre, prophète et roi". Nous participons donc à la mission royale du Christ. Mais comment ?
En imitant Jésus, en posant des actes d'amour très concrets, tels qu'il les énumère dans l'évangile de ce jour : donner à manger à celui qui a faim, à boire à celui qui a soif, vêtir celui qui est nu, accueillir l'étranger, visiter les malades et les prisonniers.
Ce qui importe, ce ne sont pas tant nos gestes religieux (même s'il ne faut pas les négliger), que nos actions humaines concrètes d'aide et de solidarité.
Remarquons que Jésus s'adresse à "toutes les nations rassemblées devant lui" : quelle que soit notre appartenance (nationale, linguistique, culturelle, sociale, religieuse, ...), ce qui compte c'est comment chacun se conduit envers ses frères et sœurs et spécialement ceux qui sont dans le besoin. C'est à eux que Jésus s'identifie, en disant :"Ce que vous avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait. Et ce que vous avez négligé de faire à l'un de ces petits, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait". Ce que nous faisons, ou au contraire négligeons de faire, à ces petits, c'est à Dieu incarné en Jésus-Christ, que nous le faisons ou que nous négligeons de le faire.

Depuis le début de la crise sanitaire, que nous vivons depuis plusieurs mois, nous parlons beaucoup de la privation de l'eucharistie, présence de Dieu. À cette occasion, nous mettons l'accent sur la Parole de Dieu, nourriture qui nous est donnée. Cet évangile nous rappelle que le Christ est aussi réellement présent dans les petits, les pauvres, les marginalisés de notre monde. Il nous incite à tourner nos regards vers ceux qui souffrent, et à vivre notre foi en soulageant la souffrance des plus démunis, en leur donnant une dignité. Si nous sommes hélas privés de l'eucharistie célébrée en communauté, il est bon de nous rappeler que Dieu se donne aussi à nous dans sa Parole, et qu'il vient à notre rencontre dans chaque personne qui souffre et dont le visage est authentiquement celui de Jésus. Nous ne sommes pas privés de la présence de Dieu au cours de ce confinement : il est là, à nos côtés.

Eric

 

33ème DIMANCHE ORDINAIRE 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 14-30

Jésus parlait à ses disciples de sa venue. Il disait cette parabole : 
«Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens.


A l'un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. 
Puis il partit.


Aussitôt celui qui avait reçu cinq talents s'occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres.

De même celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres.

Mais celui qui n'en avait reçu qu'un creusa la terre et enfouit l'argent de son maître.

Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes.

Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança en apportant cinq autres talents et dit : 'Maître, tu m'as confié cinq talents ; voilà, j'en ai gagné cinq autres. - Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle en peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.'

Celui qui avait reçu deux talents s'avança ensuite et dit : 'Maître, tu m'as confié deux talents ; voilà, j'en ai gagné deux autres. - Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle en peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.'

Celui qui avait reçu un seul talent s'avança ensuite et dit : 'Maître, je savais que tu es un homme dur ; tu moissonnes là où tu n'as pas semé, tu ramasses là où tu n'as pas répandu le grain. J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t'appartient.'

Son maître lui répliqua : 'Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n'ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l'ai pas répandu. Alors il fallait placer mon argent à la banque ; et à mon retour, je l'aurais retrouvé avec les intérêts.

Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. Car celui qui a, on lui donnera, et il sera dans l'abondance. Mais celui qui n'a rien, on lui enlèvera même ce qu'il a.

Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres : là il y aura des pleurs et des grincements de dents.»

************************************* parabole des talents

Nous nous approchons de la fin de l'année liturgique et les lectures nous préparent à la venue du Seigneur.
Il ne s'agit pas de nous effrayer, mais de nous préparer sereinement à cette rencontre.
Pour nous y préparer, la parabole de dimanche dernier, celle des jeunes femmes prévoyantes et insouciantes, nous invitait à veiller.
Ce dimanche, la parabole des talents nous invite à travailler.

Cette parabole de l'homme qui part en voyage en confiant ses biens à ses serviteurs, c'est une image utilisée par Jésus pour nous parler de Dieu qui confie le monde aux hommes.
Comme les serviteurs de la parabole, nous sommes responsables de ce que Dieu nous confie.

Les deux premiers serviteurs sont qualifiés de "bons et fidèles" : ils ont augmenté les talents reçus de leur maître.

Le troisième est qualifié de "mauvais et paresseux". Mais pourquoi est-il traité si durement par son maître ? Il n'a pourtant pas volé ce talent, il ne l'a pas dépensé de façon inconsidérée. Il en a même pris soin, puisqu'il l'a enfoui pour le mettre à l'abri et le rendre intact à son maître.

Mais c'est précisément cela qui lui est reproché. Alors que les deux premiers serviteurs ont été fidèles, dignes de la confiance de leur maître, le troisième a eu peur et a préféré ne rien faire. Il se méfie de son maître ("je savais que tu es un homme dur", lui dit-il), et il refuse à son maître la relation de confiance qui lui a été proposée, comme aux deux autres.

La confiance est productive, et encourage à avancer. En revanche, la peur paralyse et renferme sur soi.


Dieu nous fait confiance, en nous déléguant la gestion du monde, comme le maître de la parabole délègue aux serviteurs la gestion de ses biens.

Il attend en retour notre confiance envers lui, et non la peur qui paralyse.

Bien sûr, il ne s'agit pas dans ce passage d'évangile, d'un cours d'économie pour voir comment rentabiliser au mieux son argent. Cette parabole de Jésus est un appel à nous sentir responsables des dons que nous avons reçus, pour en faire profiter les autres, et ne pas les garder égoïstement pour soi. Et en quoi consiste notre responsabilité ?

Nous sommes responsables de la création : dans le livre de la Genèse, Dieu confie le monde aux hommes. Il nous fait participer à son œuvre créatrice. Et depuis le début de l'humanité, l'homme travaille au développement du monde par les connaissances, par ses audaces et le dépassement de lui-même. Pour le meilleur (progrès, développement humain), mais hélas aussi parfois pour le pire (instruments de guerre, dégradation de la nature ...).

C'est ce que le pape François souligne dans son encyclique de 2015, "Laudato Sí" : nous sommes responsables du monde dans lequel nous vivons et que Dieu nous a confié.

Nous sommes aussi responsables de nos frères et sœurs en humanité, Le pape François développe cela dans son autre encyclique, publiée le mois dernier : "Fratelli tutti" (Tous frères).
En cette "Journée Mondiale des pauvres", décidée par le pape François, il nous est demandé de nous soucier des pauvres, en particulier dans notre contexte de crise sanitaire qui voit tant de gens perdre leur salaire, ne plus pouvoir faire face à leurs dépenses, et n'ayant plus de quoi vivre. Soyons donc responsables les uns des autres, en nous montrant solidaires.

Alors d'abord, rendons grâce à Dieu pour les talents que nous avons chacun reçu de lui. Sachons le remercier pour ce qu'il nous donne. Mais sans nous comparer les uns aux autres : Dieu donne "à chacun selon ses capacités", nous dit l'évangile. Ne jalousons pas ceux que nous estimons avoir reçu plus de talents que nous, et ne méprisons pas ceux que nous estimons en avoir reçu moins.

Ensuite, sentons-nous responsables des talents que nous avons reçus. Ne nous reposons pas paresseusement sur nos talents, mais travaillons à les faire fructifier, afin d'en vivre, non pas pour nous-mêmes, mais pour les autres et pour Dieu.

Ainsi pourrons-nous, comme les deux premiers serviteurs, entrer nous aussi dans la joie de notre maître.

Eric

 

 32ème DIMANCHE ORDINAIRE  

Les vierges sages et vierges folles

Vierges sages follesÉvangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu(25,1-13)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole :
« Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l'époux.
Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :
les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d'huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.
Comme l'époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s'endormirent.
Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre.”
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent.”
Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”
Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure. »


On appelle souvent cet évangile celui des "vierges sages et des vierges folles",
Nous pouvons aussi l'appeler celui des "jeunes filles prévoyantes et des jeunes filles insouciantes".
Il s'agit d'une parabole : une histoire que Jésus raconte pour nous parler de Dieu.
Certaines de ces jeunes filles ont prévu des réserves d'huiles pour leur lampe. Elles se sont préparées pour aller à la rencontre de l'Époux.
Les autres ne sont pas prêtes et loupent leur entrée à la salle des noces.
Dans cette parabole, l'Époux c'est Dieu qui vient à notre rencontre et qui veut faire alliance avec les hommes, avec chacun et chacune d'entre nous.
L'huile est ce qui alimente la lampe pour lui permettre de donner de la lumière à tout le monde autour d'elle.

Comment nous préparer à cette rencontre avec Dieu ?
"Veillez", nous dit Jésus. C'est-à-dire : vivez, non pas endormis, dans vos habitudes et votre routine, mais en portant votre regard vers l'Époux qui vient à votre rencontre.
Vivons donc dans la patience et l'espérance. L'attente de la rencontre du Seigneur ne doit pas nous stresser ou nous faire peur, car cette rencontre est une fête, une noce !
Veillons, en vivant dès aujourd'hui pour les autres, et non pas pour nous seuls.
Pour cela, il nous faut de "l'huile intérieure". Cette huile est celle de la fidélité au Christ, l'écoute de sa Parole et sa mise en pratique.
Grâce à cette huile qui brûle en nous, nous pouvons éclairer et rayonner autour de nous, devenir porteurs d'espérance, d'autant plus nécessaire ces moments si difficiles que nous vivons.

Ce n'est pas facile de faire des réserve de cette huile en nous, cela nous demande de la persévérance.
Mais Dieu peut nous y aider. Demandons-le lui, comme dans ce chant, sous forme d'une prière adressée à Dieu : Seigneur, tiens ma lampe allumée, car ma flamme est si fragile !

"Allume dans mon cœur quelque chose de vrai,
Quelque chose de Toi, que rien ne puisse éteindre,
Ni l'échec, ni la peur, ni le poids des années
Et que puisse mon pas chercher à te rejoindre."


Eric


Vierges sages folles codex

DIMANCHE DE LA TRINITE 2020

Première lecture (Ex 34, 4b-6.8-9) ; deuxième lecture (2 Co 13, 11-13) ; Evangile (Jn 3, 16-18)



Nous avons célébré le Dieu trois fois saint. Ceux qui sont baptisés, le sont « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». C’est « au nom » et non pas « aux noms », parce qu’il n’y a qu’un seul Dieu mais en trois personnes.


Le mystère de la très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne. C’est le mystère de Dieu lui-même, mais, c’est le mystère de Dieu qui ne reste pas enfermé en lui même, mais qui vient vers nous pour nous faire entrer dans cette communion intra-trinitaire.

Dieu décide de sauver sa créature, d’aller vers elle, de partir la retrouver là où elle est, même dans son état d'éloignement de Dieu. Pour faire cela, Dieu choisit d'envoyer son Fils pour être présent, lui-même, au milieu de son peuple. Le Père et le Fils ne font qu’Un.

Et l’Esprit, la troisième personne de la très Sainte Trinité ? C’est celui que le Père a envoyé dans nos coeurs. C’est l’Esprit de son Fils, inséparable de la vie intime de la Sainte Trinité. Il est un souffle, la respiration du Père et du Fils qui arrive jusqu’à nous pour que nous puissions nous en « inspirer ».

La mission du Christ et de l’Esprit Saint s’accompli dans l’Église, Corps du Christ, Temple de l’Esprit Saint. C’est une mission conjointe qui associe les fidèles du Christ à sa communion avec le Père dans l’Esprit Saint. Par tout son être et dans tous ses membres, l’Église est envoyée pour annoncer et témoigner, actualiser et répandre le mystère de la communion de la Sainte Trinité.

Par son adhésion entière à la volonté du Père, à l’oeuvre rédemptrice de son Fils, à toute motion de l’Esprit Saint, la Vierge Marie est pour l’Église, donc pour nous, le modèle de la foi et de la charité.

Ces merveilles de Dieu, offertes aux croyants dans et par les sacrements de l’Église, portent leurs fruits pour une vie nouvelle.

Père Filip



DIMANCHE DE PENTECÔTE 2020

Ac 2, 1-11 ; 1Co 12, 3b-7.12-13 ; Ps 103 et Jean 20, 19-23.


«Tous furent remplis de l’Esprit Saint» (Ac 2, 4). «Tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu.» (Ac 2, 11b)
Ce dimanche célèbre la fin du temps pascal et ouvre celui de la mission des disciples, le temps de l’Eglise. Une occasion où chacun, entendant la Bonne
Nouvelle dans sa propre langue, devient à son tour capable de l’annoncer. Que s’est-il passé le jour de la Pentecôte ? «Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.»

Relevons 3 choses : l’irruption de l’Esprit, les langues de feu et le don de l’Esprit.

1. L’Esprit est descendu de façon directe et quasi palpable. Il se manifeste avec fracas. Impossible de passer à côté de ce don qui, comme on le verra par la suite, transformera ceux qui le reçoivent.

2. L’image des langues de feu exprime l’action de l’Esprit. Image très suggestive : de petites flammes se déposent sur chacune des personnes présentes, signe que le don de l’Esprit est personnel et s’inscrit dans le cheminement et la vie de celui qui le reçoit.

3. L'Esprit n'est pas quelque chose que l’homme produit par lui-même. C’est le don de Jésus que le Père envoie ; il ne s’impose pas mais demande d’être accueilli par qui se dispose à le recevoir. De plus, Luc le présente par un de ses effets, un phénomène particulier décrit ici comme celui de parler des langues nouvelles, permettant ainsi aux disciples de rejoindre toutes les nations. Cela souligne déjà la dimension universelle et missionnaire de son action. 

Cette scène éclaire déjà ce que sera la mission des disciples par la suite, grâce à l’action de l’Esprit Saint

Mission assez claire. Comme le rapporte l'évangile, Jésus envoie ses disciples : «De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.» Puis, «Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous
maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus». En soufflant sur eux, Jésus savait
que l’Esprit viendrait sur eux et que, grâce à son action, la Bonne Nouvelle du don de Dieu pour toute l’humanité se répandrait. 

C’est toute une mission pour nos «pauvres» pêcheurs de Galilée. On sait par la suite de l’histoire comment ils ont parcouru diverses régions du monde de leurtemps et, avec l’assistance de l’Esprit, comment ils ont répandu avec succès le message de Jésus.

D’ailleurs, dans la suite de son discours le jour de la Pentecôte (cf. Ac 2, 14-46), 
Pierre donne des directives. Il affirme sa foi en Jésus fait Seigneur et Christ par Dieu. Puis, aux auditeurs qui lui demandent quoi faire, il répond simplement : «Convertissez-vous et soyez baptisés au nom de Jésus Christ pour le pardon de
vos péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit» (Ac 2, 37-38).
 
Paroles encore d’actualité aujourd’hui si nous prenons la peine de nous demander nous aussi ce que nous devons faire ! 

«Convertissez-vous». Une conversion renouvelée qui nous fera quitter des voies et des routes où règne le dieu du pouvoir, de l’indifférence et de l’orgueil. Notre chemin sera plutôt celui où Jésus est reçu comme le Seigneur de nos vies. Vous
 ne pouvez suivre Dieu et l’argent, vous n’avez qu’un seul maître disait Jésus à ses disciples (cf. Mt 6, 24).

Recevoir l’Esprit Saint, c’est suivre Jésus et mettre nos pas dans les siens. Si nous voulons être ses disciples, regarder ses exemples et écouter ses enseignements seront notre nourriture.

 
La Pentecôte a ouvert le temps de la Bonne Nouvelle, de l'Évangile de la grâce de
Dieu (cf. Actes 20, 24) proclamé par Jésus, un temps qui dure encore. Cette Bonne Nouvelle, grâce à l’Église et par l’action de l’Esprit, se répand dans le monde. Elle a franchi toutes sortes barrières et de frontières.  
Voilà la richesse du salut apporté par Jésus à l’humanité. Il est ressuscité comme le Premier-né de
cette humanité nouvelle et il nous entraîne avec lui. Pour nous 
faire entrer dans ce mouvement, il nous envoie l'Esprit qui devient la force dont nous avons besoin. Et cela se manifeste par les multiples dons que l’Esprit ne cesse de répandre chez les personnes croyantes comme le dit Paul : «Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur» (1Co, 12, 4-5). 

Ce dimanche de la Pentecôte est pour nous l’occasion de redécouvrir que l’Esprit 
est toujours à l’œuvre dans l’Église. Il repose sur chacun de ses enfants comme 
pour les disciples au Cénacle. Il demeure sa source d'inspiration et l’enrichit de tous les dons nécessaires pour avancer dans le monde.

Abbé Honoré.


 

7ème dimanche de Pâques

Evangile de Jean 17, 1b-11a 7ème dimanche de Pâques



Dans les mots de Saint Jean, voici une dernière prière de Jésus à son Père du ciel.....il prie pour nous, pour que nous ayons la vie éternelle, cette vie définitive qui nous est promise par Dieu lui-même et qui est de le connaître, de le reconnaître comme celui dont nous venons et qui nous attend au dernier jour, mais pas seulement : il nous attend dès aujourd’hui alors que nous sommes encore dans le monde, le monde que Dieu nous as confié pour lui dire qui il est pour lui, comme nous-même nous le sommes.
Jésus nous redit pourquoi il est venu dans ce monde comme c’était prévu, pour donner la vie éternelle à tous ceux que tu as choisis. Ils sont encore dans le monde à te chercher mais lui retourne vers toi car il quitte le monde pour te rejoindre et rester avec toi pour toujours. Désormais, il ne sera plus en ce monde, mais il y laisse ses témoins qui prolongeront son message et feront eux aussi des disciples, des adeptes qui pourront témoigner de Jésus, de ses paroles et de ses actes. A leur tour, ils seront ses messagers car ils sont porteurs de sa bonne nouvelle pour eux et pour toutes celles et ceux qui les entendront, qui les écouteront, qui les prendront pour eux et pour tous ceux qui, à leur tour, les entendront eux aussi. C’est l’étape de notre baptême aujourd’hui que nous continuons de vivre auprès des autres, avec les autres que nous rencontrons, avec qui nous célébrons, quand c’est possible.
Ainsi se prolonge l’annonce de sa parole depuis son retour auprès du Père : il nous laisse le soin de la propager à notre tour et nous la prenons en charge. A nous donc de tâcher de mieux la comprendre pour mieux l’exprimer, pour mieux la répandre autour de nous, de façon que ce message continue de se répandre et de faire du bien autour de nous comme nous l’avons reçu et appris à l’aimer. Saint Jean, lui, l’a bien compris et l’a exprimé avec ses mots à lui qu’il nous laisse aujourd’hui à comprendre et à réaliser comme il l’a fait avant nous et pour nous.
Puissent ces mots nous parler au cœur et nous révéler ce qu’ils veulent nous dire en ces jours où ils nous rejoignent, où nous les écoutons et les entendons pour nous. Puissent ces mots devenir les nôtres afin que nos mots deviennent ses mots qu’il utilisera à notre service.

Père Jean-Claude Daivier

6ème dimanche de Pâques

Evangile : Jean 14, 15-21



A cause du coronavirus nous vivons des moments difficiles. Nous avons perdu des êtres chers, nous n’avons plus guère de contact avec nos parents, nos enfants, nos petits-enfants, nos amis. Nous ne pouvons plus nous réunir pour prier et communier ensemble au Corps du Christ. Et demain la vie ne sera pas facile pour tous ceux qui vont perdre leur travail. Dieu semble nous avoir abandonné.

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus dit à ses disciples, à la veille de sa passion, lors du dernier repas qu’il prit avec eux : « Je ne vous laisserai pas orphelin, je reviens à vous. » Le Christ ne nous abandonne jamais quelle que soit l’épreuve que nous connaissons. Il nous a donné quelqu’un pour que nous puissions lutter contre le découragement et découvrir qu’il est toujours avec nous. C’est l’Esprit Saint, le défenseur. Il demeure auprès de nous. Il ne faut pas le chercher très loin, il est en nous. Nous l’avons reçu lors de notre baptême et de notre confirmation. Comment agit-il en nous ? Il nous aide à grandir dans la foi càd à vivre dans la confiance en Celui qui a donné sa vie pour nous. Et ainsi, par la foi, nous pouvons découvrir que celui dont nous ne percevons pas la présence est toujours avec nous « D’ici peu, dit Jésus à ses disciples, le monde ne me verra plus mais vous, vous me verrez vivant et vous vivrez vous aussi. »

Si nous sommes unis au Christ nous vivrons vraiment car il nous propose un chemin de vie, un chemin qui nous conduit vers la source de la vie : le Père. Rappelez-vous ce qu’il nous a dit dimanche dernier : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » Comment pourrions-nous ne pas aimer celui qui nous fait un tel cadeau : la vie en plénitude. Mais attention. Aimer le Christ ce n’est pas avoir de beaux sentiments à son égard, rêver d’extases mystiques, d’expériences extraordinaires. « Si vous m’aimez, dit Jésus, vous resterez fidèles à mes commandements. » Quels sont ses commandements ? Ils se résument en un seul : nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés tous, sans exception. La foi et l’amour : voilà l’essentiel, le cœur de notre foi, la source d’une vie nouvelle plus forte que la mort.

Demandons à l’Esprit de nous aider à grandir dans la foi et l’amour. Ce sont les deux voies que l’Esprit Saint nous propose pour vivre, pour sortir de l’épreuve que nous connaissons. Si nous avons confiance dans le Seigneur et si nous cherchons à aimer, nous trouverons le chemin pour construire, avec l’Esprit Saint, une Eglise davantage fidèle à l’Evangile, une Eglise plus fraternelle et plus soucieuse de tous ceux qui vivent des situations difficiles. Ne nous laissons pas envahir et détruire par la sinistrose et le découragement. Ouvrons-nous à l’Esprit qui fait toute chose nouvelle.

Père Michel Lambotte


5ème dimanche de Pâques

1ère lecture : livre des Actes des Apôtres 6, 1-7
2ème lecture : Première lettre de Saint-Pierre Apôtre 2, 4-9
Evangile: Jean 14, 1-12


"Que votre cœur ne soit pas bouleversé", dit Jésus à ses disciples, alors qu'il venait de leur annoncer, lors du dernier repas qu'il prenait avec eux, qu'il allait bientôt les quitter.

On peut comprendre que les disciples étaient bouleversés à cette annonce !
Nous aussi aujourd'hui nous sommes bouleversés avec tout ce qui nous arrive dans cette crise sanitaire que nous traversons : chômage économique, perte de revenus, école interrompue, examens remis en question, enfermement à la maison, rencontres et rassemblements interdits, incertitudes sur le proche avenir, ...

De tous temps les hommes ont été soumis à des bouleversements : la première lecture nous montre les tensions dans la première communauté chrétienne entre chrétiens de langue grecque et chrétiens de langue hébraïque.
Comment gérer cela et répondre à ces nouvelles questions ? Il a fallu faire preuve de créativité lors d'une assemblée.
Et dans les décennies qui ont suivi, les chrétiens pensaient que Jésus allait revenir bientôt, mais son retour tardait ... combien de temps faudra-t-il attendre le retour de Jésus ?
Marie aussi a été bouleversée à l’annonce de l’ange lui annonçant qu’elle allait être la mère de Sauveur.

Face à tous les bouleversements, angoisses, questionnements, Jésus nous dit : "que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi !".
Ce n’est pas facile de croire dans des temps de bouleversements !

Thomas et Philippe, les deux apôtres dont nous parle l'évangile de ce 5ème dimanche de Pâques, expriment franchement leurs doutes.
- "Nous ne savons pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin" pour être avec toi ? demande Thomas.
Jésus lui répond, et il nous le dit à chacun de nous : "Je suis le chemin, la vérité et la vie". Oui, le chemin vers Dieu passe par Jésus : laissons-nous guider par lui dans la confiance en accueillant sa Parole.
- "Montre-nous le Père, cela nous suffit", lui dit Philippe. Il exprime aussi son manque de foi également. Mais, lui répond Jésus, "celui qui m'a vu a vu le Père" : en répondant cela, Jésus nous indique la proximité, l'unité qu'il y a entre lui et son Père.
Et si nous avons du mal à croire en Jésus, il nous demande de croire au moins à cause de ses œuvres. Les évangiles nous racontent les œuvres de Jésus : œuvres de miséricorde, d'accueil, de patience, de guérison, d'amour envers tous celles et ceux qui ont croisé son chemin.

Alors pour nous, aujourd'hui ? Comme Thomas et Philippe nous avons nos doutes, nos questions. Prenons le chemin qu'est Jésus : il nous mène au Père. Comment ? En ayant foi en Jésus, et en accomplissant nous aussi ses œuvres. Car il nous assure qu’en croyant en lui, nous ferons les œuvres qu’il fait, et même de plus grandes !

C’est ce que saint Pierre nous déclare dans la seconde lecture : nous sommes des pierres vivantes, membres du corps du Christ qui est la pierre angulaire. Comme pierres vivantes, nous sommes invités à "entrer dans la demeure spirituelle et à présenter des sacrifies agréables à Dieu", c’est-à-dire des œuvres de miséricorde. C’est par notre foi, rendue concrète par nos œuvres, que nous sommes les pierre vivantes membres de son corps. Et qu’ainsi, nous avançons sur son chemin avec un cœur apaisé.

Abbé Eric Vancraeynest

Marc 1 14 20 Source photo : Google imagevangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 12-15) 

Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.
Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » 

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Nous sommes entrés dans le carême lors du mercredi des cendres : un temps qui s'offre à nous pour nous préparer à Pâques.
Lors du premier dimanche de Carême, nous voyons Jésus se retirer dans le désert, poussé par l'Esprit, ce esprit qui vient de descendre sur lui lors de son baptême dans le Jourdain. Nous sommes donc ici au tout début de sa vie publique. 
Marc précise que Jésus resta 40 jours dans le désert. Notre carême reprend cette durée : c'est l'occasion pour nous d'accompagner Jésus dans cette démarche de retrait dans le désert pendant ce temps vers Pâques. 
Pourquoi dans le désert ? Le désert est un lieu d'aridité, où nous sommes confrontés à nous-mêmes : on ne peut pas s'échapper dans de faux-fuyants. C'est l'occasion de faire le point et nous rappeler de l'alliance que Dieu fait avec nous. 
La 1ère lecture rappelle cette alliance que Dieu a faite avec Noé et sa descendance et avec tous les êtres vivants : ce passage du livre de la Genèse décrit le signe donné de cette alliance : un arc au milieu des nuages. 
Dieu a multiplié les alliances : avec Abraham, puis l'alliance au Sinaï avec le peuple sorti d'Égypte sous la conduite de Moïse, puis avec la roi David et sa dynastie. Et enfin l'alliance par le Christ, que nous célébrons à chaque eucharistie. 
Une alliance est en engagement entre deux parties. Dieu s'engage envers nous et attends notre réponse. Mais c'est lui qui prend l'initiative. 
Dans ce passage de Jésus au désert, Marc ne détaille pas les tentations, comme le font les autres évangélistes, Matthieu et Luc. La tentation de Jésus est celle de convaincre les gens en utilisant des moyens de puissance. On le voit effet souvent irrité et découragé en constant la lenteur de ses disciples et de ses opposants à comprendre ce qu'il dit, le sens de sa mission, et à croire en qui il est. Mais il a résisté à la tentation d'accomplir des gestes sensationnels. C'est pour cela que lorsqu'il guérit un malade, Jésus ajoute souvent : "Ne dites cela à personne" : s'il veut sauver les gens de leur mal, il ne veut pas convaincre par des prodiges. Jésus veut nous laisser libres et il respecte notre liberté de le suivre ou pas, de croire en lui ou pas. 
 
Nos tentations sont aussi celle du découragement face au mal dont nous sommes témoins (dans notre vie personnelle, dans entourage ou dans le monde), et celle de ne pas faire confiance en la Parole de Dieu, quand il nous dit que le bonheur réside dans le fait de d'abord penser aux autres, dans le partage et dans la conversion. Ce temps de Carême, 40 jours de désert personnel, est un temps de conversion pour nous aider à combattre ces tentations, et renouveler notre confiance en Dieu et en la solidité de son alliance avec nous. 
Eric